Radiodiffusion des événements sportifs
La radiodiffusion des événements sportifs
soulève diverses questions juridiques. Certaines d'entre elles
figurent ci-après.
S'il est un sujet à l'ordre du jour, c'est
l'instauration de mesures juridiques destinées à garantir que
le grand public puisse continuer à regarder, à la télévision en
clair, des événements d'une importance majeure pour la
société en général, comme la Coupe du Monde et les Championnats
d'Europe de football, ou les Jeux olympiques. Dans les Etats membres
de l'Union européenne, ces mesures reposent sur la directive
"Télévision sans frontières" et s'accompagnent notamment de
ce qu'il est convenu d'appeler des "listes d'événements majeurs".
Ces listes doivent être approuvées par la Commission des Communautés
européennes (les listes qui l'ont été jusqu'à présent peuvent
être consultées à l'adresse suivante: http://europa.eu.int/comm/avpolicy/regul/twf/3bis/implement_fr.htm).
Dans la plupart des autres pays européens, c'est dans la
Convention du Conseil de l'Europe sur la télévision transfrontière
que des mesures nationales similaires trouvent leur fondement.
L'UER adresse un appel aux organisations
internationales et aux gouvernements nationaux pour qu'ils garantissent
le libre accès du public aux radiodiffusions d'événements sportifs
majeurs. Elle met également en garde contre la tendance actuelle
qui veut que les grandes sociétés de médias prennent une participation
importante dans des clubs représentant les sports les plus populaires
(Communiqué
de presse de l'UER du 17 novembre 2000).
Un autre débat permanent, qui se développe
au fur et à mesure de la jurisprudence, concerne la vente collective
des droits de radiodiffusion télévisée, c'est-à-dire les conditions
dans lesquelles les fédérations sportives sont autorisées, aux
termes du droit européen et national de la concurrence, à commercialiser
les droits de radiodiffusion relatifs aux événements qui relèvent
de leur compétence, sur une base centralisée (voir l'article de
Werner Rumphorst sur les Droits
de radiodiffusion des événements sportifs et droit communautaire
de la concurrence - disponible en anglais seulement). La Commission
des CE examine actuellement plusieurs cas dans lesquels les fédérations
sportives "regroupent" leurs droits et les vendent collectivement
(voir le dossier clé de la Direction
générale de l'éducation et de la culture de l'Union européenne
sur "sport et concurrence"). Compte tenu de l'acquisition
conjointe de tels droits par l'UER, les règles
de sous-traitance permettent aux non-Membres d'avoir accès
aux droits sportifs.
Le droit de tout radiodiffuseur de réaliser
de courts reportages d'actualité sur des événements sportifs
est une question étroitement liée, dans la pratique, aux droits
exclusifs pour la radiodiffusion de tels événements. Ce droit,
qui découle de la Convention
européenne sur la télévision transfrontière et parfois du
droit constitutionnel national, ne se justifie pas uniquement
par la nécessité de garantir, dans l'intérêt public, le pluralisme
et l'indépendance des sources d'information, mais également par
la volonté de protéger le droit d'accès des citoyens à l'information.
En conséquence, chaque pays doit examiner et, le cas échéant,
prendre les mesures juridiques qui s'imposent, comme l'instauration
d'un droit au court reportage portant sur des "événements d'un
grand intérêt pour le public", afin que l'exercice des droits
exclusifs pour la radiodiffusion n'entrave pas le droit du public
à l'information. Dans la pratique, les courts reportages d'actualité
réalisés pour la télévision font souvent l'objet d'arrangements
contractuels sur une base de réciprocité mutuelle. Il existe toutefois
certains critères pour les mesures juridiques (voir la Recommandation
du Conseil de l'Europe n° R(91)5, par exemple).
Un autre aspect important, du point de vue
juridique, de la radiodiffusion d'événements sportifs est la nécessité,
pour les radiodiffuseurs, de se protéger rapidement et efficacement
contre la piraterie des émissions. Dans la mesure où, en
particulier, les droits de radiodiffusion relatifs à des événements
sportifs sont habituellement exercés sur une base exclusive, la
reproduction et/ou la retransmission non autorisées du signal
porteur d'un programme sportif, que ce soit en direct ou en différé,
déprécierait l'investissement considérable consenti par le radiodiffuseur
pour l'événement sportif concerné, ainsi que la cote d'estime
de ce radiodiffuseur. Le Département juridique de l'UER œuvre
donc pour que les législateurs internationaux, européens et nationaux
renforcent le droit
voisin des radiodiffuseurs, ce qui est indispensable pour
lutter efficacement contre les méthodes actuelles de piraterie
des émissions.
En ce qui concerne plus particulièrement
les nouvelles techniques publicitaires pour la transmission d'événements
sportifs à la télévision, l'UER a récemment lancé un débat autour
du cadre juridique qu'il conviendrait d'établir dans le domaine
de la publicité virtuelle. Par son Mémorandum
sur la publicité virtuelle, qui propose un ensemble de dispositions
et de principes adaptés à la spécificité de ce type de publicité,
l'UER plaide pour que soient instaurées des règles à la fois claires
et cohérentes dans toute l'Europe.
© UER 2002
Dernière mise à jour 19/05/2003 - agl / mtp