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DIFFUSION en ligne – 2005/05

Radio Vatican : démystifiée

Sean-Patrick Lovett, directeur du service des émissions en anglais à Radio Vatican

Pas besoin d’être catholique pour travailler à Radio Vatican.

Non, pas besoin mais cela peut vous aider dans ce que vous y faites et vos motifs pour le faire.

Non, nous ne diffusons pas seulement le rosaire et la messe en latin (mais ces programmes sont parmi les plus populaires parmi les 40 programmes en langues diverses que nous diffusons).

Non, le pape ne nous dit pas ce qu’il faut dire ou pas (mais nous donnons la priorité à ce qu’il dit et à ce qu’il fait : après tout, c’est « la radio du pape »).

Non, nous ne sommes pas le « porte-parole » officiel, ni du pape en particulier, ni de l’Église en général. Selon nos statuts, on attend de nous de « diffuser le message aussi vite que possible » et d’en « d’assumer  la responsabilité » (et, je présume, les conséquences) de ce que nous disons...

Et tout ce qui précède, recueilli dans  le grand livre des mythes concernant le Vatican, n’est que la partie émergée de l’iceberg. Je suis bien placé pour le savoir. 

À Radio Vatican depuis vingt-huit ans (ma première tâche a été de commenter pour la radio les funérailles du pape Paul VI)..., mais non, je ne suis pas prêtre, même si je reçois souvent du courrier adressé à « Père » ou même « Monseigneur » Sean Patrick Lovett. En fait, sur les 400 personnes travaillant ici, seulement 10% sont des religieux et religieuses et les femmes constituent un quart de l’équipe (une surprise pour ceux qui pensent que le Vatican est une institution « dominée par les hommes »). 

Comme institution, depuis sa conception Radio Vatican est sous la conduite et la direction de la Société de Jésus, les jésuites : 17 travaillent à la radio et plusieurs d’entre eux à des postes directoriaux, dont ceux de directeur général (Père Pasquale Borgomeo), directeur des programmes (Père Federico Lombardi), et directeur technique (Père Lino Dan). 

Jadis surnommés « l’armée du pape » à cause de leur fidélité au Saint Père, les jésuites, grâce à leur vision globale et leur esprit missionnaire, représentaient le choix idéal pour l’exploitation de ce pouvoir qui, dans les années vingt, était considéré comme la plus importante découverte de tous les temps : les ondes radio.

Marconi

L’homme qui a fait cette découverte est connu de tous aujourd’hui et il n’y a pas une ville ou un village en Italie sans rue ou place « Guglielmo Marconi ». 

La météo du 12 février 1931 indique qu’un vent froid soufflait sur Rome. Marconi tenait ferme son chapeau haut de forme, alors qu’il attendait le pape devant le petit bâtiment qu’il avait lui-même conçu pour abriter la station de radio, sur une colline du Vatican. 

La petite cité du Vatican (43 hectares) n’avait que deux ans. Elle résultait des accords du Latran de 1929, solution à la « question romaine », mais qui limitait la puissance temporelle du pape à cet enclos derrière la basilique Saint Pierre.

Le pape à cette époque était Pie XI.  Un homme fasciné par la technologie et les sciences. Un pape convaincu qu’il devait utiliser la technologie pour communiquer au-delà des limites de la petite cité du Vatican. C’est pourquoi il demanda à Marconi de créer Radio Vatican, avec mission de porter la voix du pape et la « bonne nouvelle des évangiles » aux confins de la Terre.

D’autres papes (Pie XII, Jean XXIII, Paul VI, Jean Paul et Jean Paul II) et d’autres technologies, les satellites, Internet, l’audionumérique…, se sont succédé, mais la mission de Radio Vatican est restée la même. 

Septuagénaire respectable et surnommée avec affection «la grand-mère des radios», elle continue à suivre les principes contenus dans l’introduction de son cahier des charges : « … annoncer le message chrétien avec liberté, fidélité et efficacité… défendre les enseignements du pape… fournir de l’information sur les activités du Vatican... faire retentir la voix du catholicime dans le monde... et évaluer les problèmes actuels à la lumière de l’enseignement de l’Église. »  Tout cela en « étant constamment attentive aux signes des temps. » En bref : prête à accepter les changements.

Et changements il y eut.

Du premier programme scientifique en latin (« Scientiarum Nuncius Radiophonicus ») à l’information en plusieurs  langues et aux programmes de divertissement d’aujourd’hui (40 langues, dont le letton, le vietnamien, le swahili, le malayalam*, l’arménien, le tamoul…). De l’onde courte à l’Internet et aux satellites, de la voix de l’Église catholique dans les catacombes d’Europe de l’Est (jusqu’à la chute du Mur de Berlin en 1989), à celle qui offre des directives morales claires, console, apaise et donne de l’espoir dans ces marchés surpeuplés de la communication globale d’aujourd’hui.

Le pontificat de Jean Paul II a été un facteur décisif dans les changements qui ont touché la mission internationale de Radio Vatican. Il fallait désormais « enregistrer et distribuer toutes les nouvelles relatives aux activités du Saint Père » à la fois au Vatican et au-dehors. Radio Vatican avait aussi le devoir de protéger les droits du message papal et de « sauvegarder le caractère pastoral » lorsque utilisé par des tiers. Plus facile à dire qu’à faire en ces temps où des pirates écument les ondes et les pillent à volonté.

Retour aux mythes

Non, Radio Vatican n’est pas la station le plus écoutée dans le monde ! Si c’était le cas, nous ne le saurions pas : Radio Vatican n’a jamais entrepris de recherche d’audience globale. Outre le fait que cela ponctionnerait cruellement notre budget annuel, on doute sérieusement du niveau de précision d’une telle étude. 

De nos jours, vous avez plus de chances d’entendre des programmes de Radio Vatican rediffusés sur une de vos radios locales que sur Radio Vatican elle-même. Les derniers chiffres indiquent 1040 radiodiffuseurs (58 en France et 363 en Amérique latine) dans plus de 70 pays dans le monde. Et ce sont des chiffres officiels qui ne tiennent pas compte des centaines de stations (diocèses, hôpitaux, écoles, universités) et certaines même commerciales qui téléchargent la programmation quotidienne en libre accès. 

Enfin non, Radio Vatican n’a pas de sources de revenus parallèles ! Nous ne vendons pas d’espaces publicitaires à l’antenne et offrons les rediffusions nos programmes. Nous sommes au service du Saint Siège et figurons tout simplement dans son budget. 

Envie ?

Rendez-vous sur notre site www. vaticanradio.org et, si vous voulez vraiment mettre fin aux mythes,  allez donc sur le site Radio Vatican One-O-Five Live : www.105live.vaticanradio.org, un « must » en termes de variété de contenus dans les programmes offerts en anglais et italien.
 
One-O-Five Live est ce qu’il y a de plus proche d’une cure de jouvence pour Radio Vatican. Cette chaîne diffusée en direct sur Rome (105 FM) propose des programmes dynamiques et interactifs en italien, avec des infos en anglais et en français. Le tout peut être écouté ou téléchargé sur le site en MP3. Une équipe jeune fournit un son très XXIe siècle étonnamment  compétitif et non commercial. Aucun sujet n’est tabou, bien que tout soit placé dans une perspective catholique et chrétienne, et la musique y joue un rôle important : pop, jazz, classique et liturgique. 

Ça vous donne envie d’écouter, n’est-ce pas ?  

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*  36 millions de personnes, essentiellement dans l’État du Kerala, Inde, parlent le malayalam.

pj / ep



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Dernière mise à jour 02.02.2005