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DIFFUSION en ligne – 2005/01

Tubes cathodiques 
Éric Piraux, service de la communication, UER

Une fin annoncée.

Depuis des années on entend dire que la baisse du prix des grands écrans plats va modifier la vie des téléspectateurs. Vu leur prix, cette révolution s’est longtemps fait attendre. Les écrans plasma de grande taille sont sur le marché depuis quelques années déjà, mais leur prix n’a chuté de façon vraiment spectaculaire que ces derniers mois.

En outre, au cours de ces mêmes derniers mois, l’écran LCD est devenu un concurrent sérieux sur le marché des grands écrans. Alors que l’on pensait quasi impossible de fabriquer des écrans LCD qui concurrenceraient par leur prix les écrans plasma dans leur pré carré, de récentes avancées ont brusquement changé la donne. La difficulté du LCD qui consiste à emprisonner sous vide des cristaux entre deux feuilles de verre est de mieux en mieux maîtrisée. On parvient désormais à produire des écrans de 2 m de large. 

Désormais, les écrans LCD sont un concurrent avec lequel le plasma devra compter, notamment parce qu’il est difficile de réduire la taille des lignes des écrans plasma pour répondre au défi de la haute résolution, problème inexistant avec les LCD.

Et ce n’est pas tout. Les appareils à rétroprojection, notamment les dispositifs à micromiroirs (DMD) et à traitement numérique de la lumière (DLP), trouveront leur place dans le marché de la TV traditionnelle. À plus long terme, des technologies aujourd’hui émergentes, mais pleines de promesses, notamment les diodes organiques (DELO) et les polymères électroluminescents (PEL), pourraient également se mêler à la bataille.

Les plus et les moins

Si la taille risque bien de ne plus être l’arbitre du choix, d’autres critères permettent de distinguer à l’heure actuelle les deux technologies dominantes.

En faveur du LCD, relevons une consommation plus faible, une meilleure luminosité – au moins pour les écrans de qualité – et une espérance de vie estimée à vingt ans, à raison de huit heures de fonctionnement par jour...

En faveur du plasma, une palette de couleurs plus riche et un meilleur contraste, un temps de réponse plus court, d’où des images plus «lissées», effet particulièrement perceptible pour les sujets sportifs, et enfin un angle de vision plus large.

Production et prix *

La surproduction a fait dégringoler les prix. Le prix des écrans plats à cristaux liquides s’effondre sur les marchés mondiaux. 

Samsung, premier fabricant mondial, a annoncé en octobre 2004 avoir constaté une chute de 21 % des prix entre juillet et septembre de la même année. Une tendance qui ne devrait pas s’inverser, car LG Philips, numéro deux mondial du secteur, s’attend à de nouveaux reculs (10 à 15% d’ici à fin 2004 et 20% au premier semestre 2005).

Responsable : la surproduction. La fabrication des écrans LCD augmente plus vite que la demande, phénomène rare dans l’industrie, qui s’explique par la course effrénée entre les concurrents. La production mondiale d’écrans à cristaux liquides devrait augmenter de 43% en 2005, alors que la demande ne devrait progresser que de 33 %. 

Cependant, les fabricants ne semblent pas prêts à ralentir les cadences. Une dizaine de sites de production devraient ouvrir dans les prochains mois en Corée, pays d’où ils exportent déjà dans le monde entier. 

Cette chute des prix fait le bonheur des consommateurs. Aujourd’hui, on trouve en France des LCD premiers prix (33 centimètres) à moins de 400 € et la barre des 300 € pourrait bientôt être franchie.

Dans l’ensemble, les écrans plats ne représentent que 13 % des téléviseurs vendus en France, mais 42 % du chiffre d’affaires. Sur les six premiers mois de l’année, 193 000 modèles ont été écoulés et les ventes devraient doubler au second semestre. 

L’informatique a, quant à elle, déjà largement basculé dans cet univers. Au premier semestre 2004, 60% des écrans d’ordinateur commercialisés étaient acquis à la nouvelle technologie.

Les producteurs ne s’y retrouvent pas. Les prix sont trop bas, d’où un recul de 15 % du bénéfice de LG Philips au troisième trimestre 2004. À la Bourse de Séoul, l’action a chuté de 10 %. La valeur affiche un repli de 4,4 % depuis son introduction en Bourse, en juillet 2004. Une déconvenue pour une société qui pèse 7,5 milliards d’euros (Thomson : 4,7 milliards d’euros). 

LG Philips, détenue pour moitié par le coréen LG et pour l’autre par Philips, leader mondial des tubes cathodiques, vise à conquérir le marché des écrans plats, dont elle détient aujourd’hui 21 %. 

À terme, cette technologie finira sans doute par tuer le bon vieux tube cathodique et, en passant, les grands écrans « plasma », dont la conception reste plus chère. 

Mais si c’est la fin du set, ce n’est certainement pas la fin du match.

* source : le JDD. (Selon le cabinet américain Display Search).

pj / ep



© UER 2005
Dernière mise à jour 06.01.2005