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DIFFUSION en ligne – 2006/4

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Peut mieux faire ! 
disent les Français à leur télévision
Patrick Jaquin, service de la communication, UER

Le magazine « Télérama » publie chaque année un sondage exclusif sur la perception par les Français du « petit écran ». 

Exigence 

Par rapport à 2004, la part des personnes satisfaites de la télévision est en baisse (46% en 2005, 51% en 2004). Parallèlement, le nombre des individus qui trouvent que la télévision est meilleure qu’avant est en augmentation. 

Le niveau d’exigence envers la télévision s’est accru : le niveau actuel est jugé meilleur, mais pas encore suffisant pour contenter les téléspectateurs. 

Les typologies de téléspectateurs confirment ce constat.

Programmes 

Les « frustrés » (pour qui les programmes actuels ne sont pas satisfaisants, mais continuent en outre à se dégrader) représentent toujours la majorité des téléspectateurs (38 %).

Les « philosophes » (qui reconnaissent que le niveau se dégrade, mais continuent d’apprécier ce qu’on leur propose) diminuent de 6 points. Ils se font une raison !

De même, les « nostalgiques » (qui voient le niveau de la télévision se dégrader sans que des changements soient perceptibles, depuis un an) représentent près de 33% des personnes interrogées. Ils regrettent le temps d’avant. Non seulement le niveau de la télévision est pour eux moins bon qu’autrefois, mais, de plus, cette situation n’est pas près de s’améliorer, puisqu’ils ne constatent pas de changements depuis l’année dernière. 

La part des « jamais contents » (qui admettent que le niveau s’améliore, mais de manière insuffisante pour les combler) augmente de 4 points, tandis que les personnes interrogées qualifiées de « déçues » s’élèvent à 25% dès lors qu’elles perçoivent des évolutions depuis un an, mais dans le sens d’une dégradation du contenu. 

L’augmentation de la part des jamais contents au détriment des frustrés prouve que le niveau d’exigence envers la télévision croît. 

Reste les « charmés » : les changements constatés depuis un an viennent combler leurs attentes, et les « bienheureux », qui n’ont pas constaté de changement par rapport à l’année dernière, mais que cela ne préoccupe pas vraiment, puisque malgré tout la tendance est à l’amélioration.

Cibles

La satisfaction et l’exigence varient selon les cibles.

Les 18-24-ans sont légèrement plus satisfaits que l’ensemble (51% vs 46% pour l’ensemble) tout en considérant de manière significative que le niveau de la télévision est moins bon qu’avant (70% vs 58% pour l’ensemble). Leur niveau d’exigence est donc faible.

C’est le même constat pour les 65-ans-et-plus. Satisfaits à hauteur de 53% (vs 46 % pour l’ensemble), ils considèrent légèrement plus que l’ensemble que le niveau est moins bon qu’avant (59% vs 58% pour l’ensemble).

Ces résultats s’expliquent en grande partie par le fait que ces cibles ont un rapport fonctionnel ou routinier à la télévision.

Les anciens regardent significativement plus que l’ensemble la télévision pour combler des moments de solitude (85 % vs 72 %) et ensuite pouvoir mieux parler, échanger (50% vs 41%). 

Les deux cibles déclarent légèrement plus que l’ensemble regarder la télévision plus par habitude que par choix (61% pour les 18-24-ans et 59% pour les 65-ans-et-plus vs 58 %). La qualité proposée par le petit écran importe alors moins que sa capacité à jouer les « fonds sonores ».

Les plus sévères

Les PCS+ (catégories socio-professionnelles supérieures) sont les plus insatisfaites (60% vs 53%) et les plus déçues de l’évolution du niveau de la télévision (63% moins bon qu’avant vs 58% pour l’ensemble).

Les 25-34-ans correspondent à la tranche d’âge la plus critique (60% vs 53% pour l’ensemble), c’est celle qui considère en majorité que le niveau de la télévision est moins bon qu’avant (70% vs 58% pour l’ensemble).

Les résidents de l’agglomération parisienne sont également insatisfaits du niveau actuel de la télévision (62% vs 53% pour l’ensemble) et de manière non significative de son évolution (64% vs 58% pour l’ensemble).

58% des personnes bénéficiant d’un accès Internet sont insatisfaites de la télévision telle qu’elle est aujourd’hui et 61% estiment que son niveau se dégrade. 

Le média Internet semble donc combler un certain nombre d’attentes auxquelles la télévision ne répond pas, qu’il s’agisse d’ailleurs des chaînes hertziennes, de celles du câble ou de la TNT, puisque l’accès à ce type d’offres ne vient pas améliorer le niveau de satisfaction et de perception d’évolution à l’égard du petit écran. 

De même, dès lors qu’on dispose d’un accès Internet chez soi, on tend à passer moins de temps qu’avant devant la télévision (56%), ce qui corrobore le fait que, si les personnes interrogées ne devaient garder qu’un seul média, c’est le portable (33%), puis Internet (28%), loin devant la télévision, qui serait gardé en premier (17%).

Exigences et attentes 

Les exigences et les attentes à l’encontre de la télévision se situent au niveau du contenu. Les personnes interrogées aimeraient que la télévision fonctionne telle une fenêtre ouverte sur le monde et réponde à leur besoin de comprendre. On attend ouverture, culture, éthique :

90% considèrent que la télévision doit permettre de découvrir des choses inconnues. 75% estiment que la télévision permet de mieux comprendre le monde qui nous entoure.

C’est encore plus manifeste chez les cibles âgées, rurales, peu instruites et celles ne disposant pas d’Internet. 

On sent donc poindre cette année une volonté de voir la télévision redevenir un média culturel et pas seulement un outil de divertissement.

D’ailleurs, parmi les chaînes correspondant le plus aux attentes personnelles. Arte arrive en tête et devance désormais TF1, à l’inverse de ce que l’on observait en 2004. Arte, de plus progresse de 4 points dans la hiérarchie des Français, tandis que M6 perd 5 points. 

Même si TF1 progresse par ailleurs de 1 point d’affinité avec les Français, ce double mouvement semble traduire une distance prise – ou tout au moins déclarée – face au contenu proposé (notamment la téléréalité) par les deux principales chaînes privées. 

Ainsi, plus largement, les chaînes publiques recueillent plus l’adhésion en 2005 (55%) qu’en 2004 (47%). Elles sont perçues comme différentes (60%) par des personnes pour qui ces différences reposent en grande partie sur les programmes et en second lieu seulement sur le mode de financement et le volume publicitaire (35%). 

C’est donc bien au niveau du contenu et de la qualité des programmes que se situent les exigences des Français envers la télévision aujourd’hui. Et le fait que la satisfaction envers le petit écran diminue plus encore auprès des personnes abonnées à une offre de télévision payante (8 points entre 2004 et 2005 vs 3 points pour les personnes ne recevant que les chaînes hertziennes) prouve que c’est bien d’une exigence de qualité et non de quantité que font preuve les Français. 

Dans cette situation, on ne s’étonnera pas de constater que l’intérêt pour la TNT est relativement modéré (53%) : seule une valeur ajoutée en termes de contenu pourrait permettre un plus grand enthousiasme envers ces chaînes. 

_________________________

Source : enquête du département média TNS Sofres pour Télérama quia interrogé un échantillon représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. 

1006 personnes ont répondu à l’enquête, conduite par téléphone en soirée au domicile des interviewés, du 7 au 11 juillet 2005. 

pj / ep



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Dernière mise à jour 27.01.2006