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Rencontre RNE

La seconde journée s’est ouverte par le débat « radios thématiques » conduit par Bernd Peter Arnold, ARD/HR.

Les intervenants du débat « radios thématiques »

  Les intervenants du débat « radios thématiques »

Programmes parlés

Tibor Soltenszky, responsable adjoint du département littérature et culture de MR constate qu’en Hongrie les Talk radios n’ont pas grand succès. Les auditeurs n’y viennent que pour écouter les nouvelles et les informations « art et culture » et pour les quitter dès la fin de ces  programmes. Tout cela parce que les programmes parlés ont été contaminés par la politique comme un certain magazine culturel du week-end qui sert de propagande déguisée à l’extrême droite. Cependant Tibor Soltenszky garde espoir quand il constate l’audience en hausse des programmes littéraires et artistiques. 

Jeunes publics

Beatriz Pécker, RNE, directrice Radio 3 estime avoir le public le plus difficile car en perpétuelle évolution. 82% des18-30 ans écoutent la radio chaque jour mais, pour la majorité d’entre eux, pour la musique. Face à la concurrence de la musique sur Internet il faut savoir aussi offrir plus qu’un hit parade. Il faut également s’adresser aux enfants pour leur donner le goût de la radio, ce qui n’est pas fait en Espagne. Radio 3 n’est pas thématique et mise sur le risque, pas de hit parade, et recherche de styles minoritaires, des infos culturelles, et tous les jours un concert comme Lou Reed, par exemple, ou des transmissions de festivals. On recherche le respect des auditeurs.

Pour Marc Garcia, directeur de « Le Mouv’ » de Radio France, ce sont les jeunes qui ont tout d’abord quitté les radios généralistes. Pour tenter de retrouver les moins de 35 ans est lancé, en 1997, le Mouv’ avec 70% du temps d’antenne consacrés à la musique, les 30% restant étant appuyés sur l’info avec un point de vue jeune. Face à NRJ, FUN et SKYROCK, l’offre musicale est très vaste, hormis la musique classique. En 1999, le format change avec plus de rock et une diminution de titres en français. Depuis les résultats sont meilleurs en particulier pour les 15-34 ans.

Tendances

Pour Heinz Dieter Sommer, directeur de la Radio ARD/HR, les parts de marché stagnent en Allemagne, la radio perd du terrain et passe au 3eme rang après la télé et les journaux et au 4eme rang pour les jeunes qui utilisent l’Internet. En Allemagne, dit-il, nous sommes coincés par de « vieilles catégories ». Même si, par exemple, SWR avec ses 4 stations a gagné des auditeurs, il faut réfléchir sur les radios niches : info, musique classique, questions culturelles, sport, météo, circulation routière, style de vie. Il faut s’ouvrir à de nouveaux différents formats et ne pas freiner l’imagination pour trouver les marchés futurs à conquérir.

Radios locales et régionales

Les intervenants du débat « radios locales et régionales »

  Les intervenants du débat « radios locales et régionales »

Ann Sandelin de YLE a aniné les débats avec les présentations de Michel Meyer, directeur de France Bleue, Radio France, Frans Ieven, directeur de VRT, Malte Lind, SR Vastmanland, directeur, Fredy Franzoni, RSI, collaborateur, projets stratégiques, Juan de la Peña, RNE, directeur Radio 1

Pour Michel Meyer, il n’y a rien d’irrémédiable pour les radios généralistes. Face aux deux forces souvent présentées : intégration pour service public, désintégration pour le privé, il propose une variante : une radio désintégrée mais dans un réseau : la définition de France Bleue qui, avec 43 terroirs, propose une démarche locale, identitaire mais dans le global de Radio France.

Selon Michel Meyer, nous entrons dans le « globcal » : comprendre le monde extérieur dans son identité du terroir. Pour ce faire, France Bleue est construite en cascade : le local, puis le réseau, puis le regard global sur le monde tout en sachant surprendre, être utile et pertinent. Une démarche qui paye car des 7 points d’audience actuels France Bleue vise les 10 dans un futur proche. Un symbole : la dernière des stations du réseau a été celle de Paris !

Frans Ieven de la VRT a expliqué que pour un public de 5 millions de personnes, il existe 5 chaînes. Les 5 régionales de Radio 2 proposent à la fois des heures de production locale et des décrochages de Bruxelles. Sept fois jour, Radio 2 diffuse de l’info locale et est visible localement par ses bâtiments, par ses participations à la vie locale. Dans le futur, sont prévus le renfort des bureaux par des personnels locaux travaillant pour la radio, le net, la télévision et éventuellement un journal, ainsi que des jingles différents et identitaires correspondants à chaque station locale.

Pour Malte Lind, directeur de Vastmanland (SR), le concept des formats doit être revu. Pourquoi le Suédois écoute-t-il l’une des 26 radios locales ? Longtemps sans concurrence, mais désormais face aux nouvelles chaînes de télé, l’Internet, etc. l’auditeur continue à écouter la radio. Pourquoi ? Car il existe une curiosité sur le monde bien sûr mais aussi les infos locales qui identifient par le partage d’une information commune.

Fredy Franzoni estime nécessaire de définir de nouveaux espaces radio. Face aux difficultés de transmission rencontrés par la RSI à cause de la géographie, il a appelé aux principes de radios transfrontalières, partageant une même info « locale » (circulation routière par exemple), et d’un espace audiovisuel transfrontalier nécessitant une réforme du mécanisme d’attribution des fréquences. Aux médias du service public d’occuper ce marché.

Pour Juan de la Peña, directeur de Radio 1 (RNE), le « local » identifie d’où l’importance d’une programmation qui apporte des réponses à l’auditeur. Dans le même temps le local passe au satellite, à l’Internet est peut être reçu partout dans le monde. A l’ère de l’information, la radio de proximité est face à des défis et une complexité croissante, des besoins financiers à régler, une rentabilité à assurer (péage ?). Il n’en reste pas moins que la radio locale doit donner du sens et des valeurs aux auditeurs.

Culture et radio

Christian Maillard, directeur des affaires internationales de Radio France a ouvert le débat  « Art et musique à la radio ».

  Les intervenants du débat « arts et radio »

Nicholas Kenyon, directeur des Proms (pour en savoir plus, cliquez ici) et responsable des événements en direct et de la musique classique à la télévision pose la question « Qu’est ce que la culture ? ». Les Proms ? Wimbledon ? Deux exemples d’adaptation ; le cinéma qui depuis 20 ans s’est reformaté avec des salles plus agréables, plus attractives comme les bibliothèques, les Proms aussi qui jouent l’interactivité avec la possibilité pour les internautes de décider du programme à travers Radio 3, des Proms qui veulent refléter les nouvelles cultures, avec un répertoire beaucoup plus vaste qui parle à notre génération d’auditeurs. La radio doit être souple et rapide dans son adaptation des formats pour donner au public aujourd’hui qu’il voudra demain.   

Pour Olivier Kaeppelin, directeur-adjoint de France Culture, la culture a changé. C’est la pluralité des mondes. On retrouve toujours les grands chapitres des arts mais la diffusion n’est plus la même et la pratique de la culture a changé elle aussi. Il faut cueillir cette possibilité. Selon Olivier Kaeppelin, le zapping est une pratique culturelle des jeune basée sur une très grande liberté. L’art, on en parle peu en radio, mais les musées reçoivent plus de 15 millions de visiteurs par an, d’où des pistes à suivre. La radio tente de s’adapter et se pose la question des formats. Il faut savoir se dire que la culture doit être traitée par des formats qui correspondent à la chaîne et à son public : pourquoi pas 10 fois 2 minutes 30 ?

Fernando Argenta, directeur du programme «Clasicos Populares» sur la RNE n’explique pas vraiment le succès de son émission. « Il faut mettre son cœur et sa sincérité dans ce qu’on fait, devenir un ami de la famille. Depuis 27 ans rien n’a changé dans la présentation de mon programme, la musique si, et le public en même temps. »

Steve Robinson, vice-président WFMT (Chicago)  Steve Robinson, vice-président WFMT (Chicago)

La séance de clôture a permis d’entendre le « point de vue nord-américain » par Steve Robinson, vice-président WFMT (Chicago), qui a dressé le tableau de la culture dans les stations publiques aux Etats Unis. Quant à Sylvain Lafrance, « Radio française & nouveaux médias » vice-président de Radio Canada, il a, tout d’abord, rappelé que 98% des Canadiens écoutent la radio. Sylvain Lafrance, vice-président de Radio Canada

La radio publique canadienne présente des contenus très différents du commercial fondé sur des valeurs (démocratie, diversité culturelle) et sur la qualité. La lutte pour la sauvegarde culturelle est une lutte de tous les jours.

Sylvain Lafrance,  
vice-président de Radio Canada

La radio est une agora, c’est la création d’un lieu virtuel. Sylvain Lafrance estime que la radio doit être un medium de proximité, et pas seulement géographique, qui doit accélérer les échanges entre cultures nationales, qui doit apprendre à cohabiter. Les radiodiffuseurs publics doivent poser les bases de cette nouvelle société.


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Dernière mise à jour 11/05/2003 - pj / ep