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INTERVIEW - Ine Poppe

 

Aline Ingwersen : Quelles ont été les sources d'inspiration pour votre film et notamment comment avez-vous eu l'idée de mettre une webcam dans un cercueil ?

Ine Poppe, réalisatrice de  NecrocamIne Poppe : En fait, ce n'est pas mon idée, c'est celle de mon fils. A cette époque, il avait quinze ans. Un jour il est venu me voir et il m'a dit « Maman, lorsque je serai mort, je veux avoir une webcam dans mon cercueil - je ne plaisante pas ». J'ai répondu « pourquoi tu veux faire ça ? » Nous en avons parlé et, j'ai réfléchi à l'idée. Puis, quelques semaines plus tard, j'ai vu une affiche pour un concours de jeunes scénaristes. J'ai repris l'idée de mon fils, j'ai écrit un scénario et je l'ai envoyé. Mon fils ne m'en veut pas de lui avoir « volé » son idée, au contraire.

AI : Lorsque vous écriviez le scénario, pensiez vous le produire ?

IP : Oui, mais je sais que c'est extrêmement difficile. J'écris des scénarios pour des jeux informatiques et des documentaires. Par ailleurs, je suis également journaliste. C'est très dur de travailler à différents niveaux car les gens aiment bien pouvoir vous classer dans une catégorie et s'interrogent sur votre motivation à écrire un scénario. J'ai également pensé au Blair Witch Project et réfléchi à la manière dont on pourrait exploiter Internet. Il faut également utiliser un contexte proche de la réalité pour susciter l'intérêt du public. Essayer de comprendre les raisons qui poussent les spectateurs à aller voir un film peut être plus utile qu'une campagne publicitaire pour votre production.

AI : Combien de temps vous a-t-il fallu pour trouver un radiodiffuseur disposé à produire votre scénario ? Au début, avez-vous envisagé de contacter un organisme TV ou un producteur de cinéma ?

IP : J'avais pensé faire un long métrage et non un film de 50 minutes. Mais cela aurait été plus difficile car je suis nouvelle dans le métier. Je n'avais jamais écrit un vrai scénario de film auparavant et c'est un milieu où il est difficile de se faire une place. J'ai eu de la chance car un membre du jury a aimé mon histoire, même si je n'ai pas gagné. Il m'a téléphoné, m'a dit qu'il était intéressé par le film et qu'il souhaitait me rencontrer. Il se trouve que cette personne est Jan Rutger Achterberg. Il est directeur du département fiction de VARA, la société qui a produit Necrocam.

J'ai fait de mon mieux pour lui vendre mon idée et j'ai préparé une présentation comprenant tout ce que j'avais écrit, articles et scénarios pour jeux informatiques, afin de lui donner une idée de mon parcours professionnel. Il a aimé de ce qu'il a vu et m'a dit qu'il m'aiderait à produire le script. J'ai eu de la chance car la société pour laquelle il travaille était déjà intéressée. C'est ainsi qu'a commencé ma collaboration avec VARA.

Si j'en avais l'occasion, j'aimerais beaucoup travailler sur Necrocam pour le cinéma, spécialement pour le marché américain.

AI : Quels sont, à votre avis, les aspects qui ont le plus intéressé Jan Rutger Achberberg et VARA ?

IP : Lors d'une projection publique de Necrocam en Hollande, Jan a expliqué ce qui l'a attiré dans ce projet : la technologie qui change les rapports entre les personnes ainsi que la manière dont les gens appréhendent la société; la technologie qui influence les idées à tous les niveaux.

AI : On a dit de votre film qu'il brisait des tabous ?

IP : Je ne l'ai pas écrit pour briser des tabous. Je voulais montrer ce qui est important pour les enfants de notre génération, ce qu'il y a dans leurs esprits et pourquoi. Les enfants ne veulent pas briser des tabous, mais il est certain qu'ils ne pensent pas comme les adultes.

AI : Allez-vous écrire d'autres scénarios ?

IP : Je travaille sur un scénario de 50 minutes, pour VARA. L'histoire se situe dans un avenir proche. Trois femmes construisent un robot. Elles veulent créer l'"homme parfait". Mais comme elles doivent partager le robot, il faut qu'elles se mettent d'accord sur la définition de l'homme parfait. Naturellement, la situation va leur échapper....


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Dernière mise à jour 29/10/2002 - ep