ACTUALITÉ publié le 04 oct. 2016

"Historytelling now", thématique forte du Prix Italia à Lampedusa

La 68e édition du Prix Italia, qui avait pour thème "Historytelling now", s’est achevée à la fin du week-end par un débat portant sur la responsabilité des médias de service public qui couvrent la crise des réfugiés.

Le Prix Italia, qui se déroulait pour la première fois à Lampedusa, petite île méditerranéenne qui fait office de porte d'entrée en Europe pour plus de 300 000 migrants et réfugiés depuis quelques années, est le plus ancien festival de télévision du monde.  

Dans le cadre de ce débat animé par Monica Maggioni, Présidente de la RAI et Vice-présidente de l’UER, Frans Timmermans, Vice-président de la Commission européenne, et Paolo Gentiloni, ministre italien des Affaires étrangères, ont échangé leurs points de vue sur la responsabilité des médias qui couvrent la crise des réfugiés. Ceux-ci doivent en effet rendre compte du nombre d’arrivées sur le territoire de l’Union européenne et des conséquences que cela entraîne, mais aussi et surtout expliquer les raisons pour lesquelles tant de personnes fuient leur pays. M. Timmermans a notamment estimé que les médias de service public doivent s'abstenir de tout sensationnalisme et baser leurs reportages sur des outils rationnels et de vérification des faits.

Ce débat, qui était organisé avant la première diffusion du documentaire "Fuocammare" réalisé par la RAI sur la crise des réfugiés, est venu clôturer les quatre journées intenses du Prix Italia, dont le format a été entièrement repensé. Le festival s'est notamment articulé cette année autour de discussions sur la réalité virtuelle en matière de collecte d’information, ou sur les données massives (big data). De jeunes professionnels des médias, venus du monde entier, ont par ailleurs pu profiter d'une formation  de l’Eurovision Academy sur le journalisme mobile pour la production de contenu destiné à une nouvelle plateforme numérique donnant accès à des sujets sur les réfugiés.

Helen Boaden, Responsable de la Radio à la BBC, a profité de l’événement pour annoncer sa retraite, après 30 années de bons et loyaux services. Elle a par ailleurs évoqué avec beaucoup de passion la nécessité de rendre la radio, seul média permettant de ralentir le flot d'information qui déferle sur le public, accessible sur toutes les plateformes : "Tout en étant dynamique et attrayant, le “slow journalism” incarne l’impartialité, la précision, l’expertise et les preuves ; autant d'éléments qui prennent du temps et nécessitent des ressources."

 

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