BLOG publié le 14 sept. 2021

Une recette qui fonctionne : ne nous en privons pas !

Avec le temps, j’en suis convaincu, nous réaliserons que 2021 a marqué le début d’un nouvel âge d’or de la collaboration entre médias européens de service public. Le lancement, en janvier et en juillet, de deux produits apparentés élaborés par et pour les Membres dessine en effet une voie durable vers l’innovation et la croissance.

Dans le numéro de mars 2021 de tech-i, nous présentions l’outil de suivi élaboré par le service des Actualités Eurovision, qui permet aux rédactions de plusieurs Membres de l’UER — 20 à ce jour, et ce nombre continue d’augmenter — d’accéder à une multitude de contenus de qualité. Ce numéro décrit en page 4 la phase de présentation au public de ce projet. Depuis le 1er juillet, les sites Internet et applications d’information des Membres participants affichent un fil intitulé « Vu d’Europe », qui propose aux internautes et utilisateur.rice.s une sélection de sujets mis à disposition par des Membres de l’UER et traduits en différentes langues.

Ces initiatives jumelles profitent tant aux citoyen.ne.s européen.ne.s qu’aux Membres de notre Union. Grâce aux reportages fouillés et dignes de confiance réalisés par des rédactions professionnelles, les publics locaux sont tenus informés de l’actualité européenne. Les rédactions locales sélectionnent les contenus en fonction de leur pertinence et de l’intérêt qu’ils présentent pour leur public. Cette offre sert de contrepoids aux campagnes de désinformation qui alimentent les clivages au sein de la société. De plus, le fait de pouvoir puiser dans cette réserve de contenus fait gagner un temps précieux aux rédacteurs, rédactrices et journalistes, et enrichit leurs propres reportages.

Ce projet suscite un énorme enthousiasme, non seulement en raison des bienfaits qu’il procure, mais aussi parce qu’il démontre, concrètement, que la collaboration peut aller bien au-delà de la simple production de contenus — en d’autres termes, il apporte la preuve qu’un projet commun de grande envergure peut bel et bien porter ses fruits.

Des projets communs

Premier enseignement majeur : il est impératif de contrôler tous les aspects fondamentaux des produits que nous développons, ainsi que leurs coûts. De toute évidence, les Membres de l’UER vont devoir externaliser certains services à des sociétés tierces, dont les géants de la technologie comme Amazon, Google et Microsoft, ainsi qu’à des fournisseurs de technologies médias traditionnelles. Mais en lançant des projets communs, nous pouvons renforcer notre capacité à influencer ces sociétés et à garantir l’interchangeabilité des fournisseurs.

EuroVOX est un parfait exemple de cette volonté. Cet outil de transcription et de traduction conçu par l’UER, qui se trouve au cœur des nouveaux projets sur les actualités numériques, n’a pas vocation à remplacer les moteurs de traduction ; il entend en revanche aider les radiodiffuseurs à solliciter le meilleur fournisseur au cas par cas, et à passer de l’un à l’autre efficacement, selon leurs besoins.

Ce modèle peut s’élargir à d’autres services sur le cloud ou même aux achats ou à la sous-traitance dans d’autres domaines, y compris pour l’opérationnel. Il est ainsi tout à fait significatif que l’UER soit la première association de médias à rejoindre le projet GAIA-X (voir la page 6 du dernier numéro de tech-i). Cette adhésion va en effet stimuler notre modèle de développement collaboratif, tout en garantissant la sécurité et l’interchangeabilité des applications basées sur le cloud. Les Membres de l’UER et, potentiellement, tous les acteurs du monde des médias peuvent tirer profit d’une concurrence saine entre fournisseurs et d’un environnement multicloud.

L’autre ingrédient essentiel de cette recette du succès est la collaboration, tant au sein de l’UER qu’entre Membres. Nos collègues de la Radio suédoise en ont fait l’élément fondamental de leur projet sur l’utilité de l’information, qui a remporté le prix Technologie & Innovation de cette année (voir pages 10 et 11). L’idée est de faire collaborer étroitement les équipes techniques avec les concepteur.rice.s de contenus et le personnel éditorial, ce qui permet de disposer d’un accès commun aux talents susceptibles d’étayer le développement de nouvelles solutions.

Comme je l’écrivais plus haut, tout cela n’est qu’un début. Ce que nous avons fait pour les actualités doit être reproduit dans les domaines du sport, de l’éducation, de la culture, etc. Ensemble, nous pouvons concevoir les outils et les produits qui assureront notre croissance et notre réussite collectives.

Ecrit par

Antonio Arcidiacono
Directeur du Département Technologie & Innovation
+41 22 717 2701
arcidiacono@ebu.ch
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