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Un road-movie sur la première guerre mondiale récompensé

17 septembre 2013
Un road-movie sur la première guerre mondiale récompensé

Cent ans après, les lieux de combat de la Première Guerre mondiale restent chargés d'histoire et d'émotion.

Vainqueur du concours des "Sept meilleurs formats" organisé dans le cadre du Forum créatif Eurovision  2013 avec son road-movie historique "At War", le réalisateur belge Arnout Hauben a évoqué le périple de 1700 kilomètres qu'il a accompli à pied, le long de l'ancienne ligne de front européenne, de la côte belge aux légendaires champs de bataille des Dardanelles, en Turquie.

M. Hauben a reçu son prix, qui lui a été décerné par ses pairs en marge des réunions Eurovision TV organisées à Berlin du 9 au 11 septembre dernier, au nom de la VRT, radiodiffuseur de service public belge. À cette occasion, il a déclaré avoir longtemps craint que ce sujet soit trop difficile pour en faire un format s'adressant au plus grand nombre.

"D'un point de vue plus personnel, il y avait aussi l'appréhension à marcher sur ce qui est le plus grand cimetière du monde. Beaucoup de soldats ont en effet péri sur cette ligne de front. Nous tenions donc à ce que ce projet soit digne de tous ceux qui y ont perdu la vie", a-t-il déclaré.

C'est en mars 2012 que M. Hauben et son équipe, réunissant Mikhael Cops, co-réalisateur et cameraman et Jonas Van Thielen, acteur qui a aussi fait office d'assistant son, ont entamé ce périple de 80 jours. Ils ont planté à chacune de leurs étapes un piquet blanc dans le sol, en guise d'hommage aux vies sacrifiées dans les deux camps.

Le trio est parti de la ville côtière de Nieuport, en Belgique, et son épopée l'a notamment mené en Flandre, dans la Somme et à Verdun, en France. En Italie, il a dû affronter de hauts sommets des Alpes, là même où les soldats avaient combattu dans les neiges éternelles. Il a ensuite suivi la ligne de front des Balkans et poursuivi son périple jusqu'en Turquie, en passant par la Grèce.

Au cours de ce voyage hors du commun, il a fait des rencontres passionnantes et entendu des récits très personnels.  

C'est en se remémorant certains souvenirs d'enfance de la maison de ses grands-parents à Passchendaele, lieu d'affrontement entre l'armée britannique et ses alliés et les troupes de l'Empire allemand de juin à novembre 1917, que M. Hauben a eu l'idée de ce format, qui s'articule autour de huit épisodes de 45 minutes. 

Le documentariste explique : "Une partie de ma famille a vécu le long de la ligne de front et habite toujours dans la région du Westhoek, où se rendent chaque année des milliers de Britanniques, d'Australiens et de Néo-Zélandais, pour ce qui est un véritable pélerinage : ils souhaitent revivre le passé et tenter de comprendre ce qu'ont pu vivre certains membres de leur famille. Leurs histoires personnelles me touchent profondément, j'ai donc souhaité m'y intéresser de plus près."

Cette entreprise de portée universelle - donner un sens à sa vie - est devenue l'élément moteur du projet, dont les prémices remontent à 2011.

"La période de recherche a été relativement courte, puisqu'elle n'a duré que neuf mois", a précisé Arnout Hauben. "J'ai trouvé énormément de documents intéressants au musée In Flanders Fields, ainsi qu'à l'Imperial War Museum britannique. Mais ce sont bien évidemment les rencontres que nous avons faites en marchant le long de la ligne de front qui nous ont le plus émus. Nous avons formé à nous trois un petit bataillon, déterminé à aller jusqu'au bout de sa démarche."

Selon Bettina Brinkmann, Responsable de la Télévision à l'Eurovision, les sujets abordés dans ce format sont toujours d'actualité.

"La démarche du réalisateur est totalement novatrice et donne une dimension humaine et personnelle à un sujet pourtant difficile", a-t-elle déclaré. "Ces trois jeunes gens ont suivi la ligne de front sur laquelle ont combattu tant de soldats, posant un regard nouveau sur cet épisode tragique de l'Histoire. Le monde d'aujourd'hui porte encore les stigmates de la Première Guerre mondiale, c'est pourquoi l'Eurovision proposera l'année prochaine un large éventail de programmes sur cette thématique, que ses Membres pourront exploiter sur diverses plateformes afin de marquer les 100 ans de l'éclatement de ce terrible conflit. On ne saurait trouver exemple plus opportun d'un programme de service public répondant aux besoins des téléspectateurs, auditeurs et internautes", a conclu Mme Brinkmann.

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