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HISTOIRES

Des experts de l’audiovisuel débattent de la "symbiose" entre le cinéma européen et les MSP

04 décembre 2013
Des experts de l’audiovisuel débattent de la "symbiose" entre le cinéma européen et les MSP

A l’occasion de la "Eurovision Film Week", une panoplie d’experts de la chaîne de valeur audiovisuelle s’est réunie au  BOZAR, le Palais des beaux-arts de Bruxelles, pour débattre de l’état actuel du cinéma européen et des mesures à prendre pour qu’il circule mieux à l’extérieur des frontières nationales.

Jean-Paul Philippot, Président de l’UER et Administrateur Général de la RTBF, a évoqué la logique ayant présidé au lancement de la Eurovision Film Week : offrir aux publics européens l’occasion de découvrir la richesse et la variété des œuvres cinématographiques du continent. Il a également présenté une tribune sur la "délicate symbiose " entre le cinéma et les MSP européens, signée conjointement avec les directeurs des MSP de 19 autres pays. 

Durant la semaine précédant la cérémonie de remise des Prix du cinéma européen (le 7 décembre 2013), 26 radiodiffuseurs de service public européens Membres de l'UER diffuseront 300 heures de longs métrages sur leurs chaînes et plateformes en ligne. Chaînes de télévision et stations de radio retransmettront en outre des débats, des documentaires sur des films et des entretiens réalisés avec des acteurs, des réalisateurs et des scénaristes.

« Les Médias de Services Publics contribuent au financement, à la diffusion et à la promotion du cinéma européen. On peut les considérer comme la plus grande salle de cinéma du monde », a déclaré Jean-Paul Philippot, évoquant le fait que près de 60% du temps d’antenne réservé aux films sur les chaînes des MSP européens sont consacrés aux œuvres européennes.

Pour Jiří Menzel, célèbre cinéaste tchèque et ambassadeur de l’Eurovision Film Week, il est primordial de gagner les faveurs du public pour assurer le succès du cinéma européen, ce qui ne dépend pas nécessairement des goûts ni de la culture nationale : "Les films qui remontent aux sources intéressent tout le monde", a-t-il ajouté.

Alain Sussfeld, Directeur d’UGC France, a mis en avant la nécessité d’instaurer un cadre règlementaire favorable aux investissements et aux partenariats entre producteurs de films, radiodiffuseurs et distributeurs.

Pour Xavier Troussard, de la Commission européenne, renforcer le cinéma européen sur le marché mondial exigera dans un premier temps une meilleure circulation des œuvres et un marché plus robuste en Europe. Il a expliqué comment le programme Europe Créative, récemment adopté, soutiendra cette évolution, notamment en adaptant le cycle de vie des films à l’environnement multiplateforme, tout en renforçant la dimension transfrontière de la chaîne de valeur audiovisuelle. 

L’eurodéputée allemande Helga Trüpel a qualifié la diversité culturelle d’atout pour l’industrie européenne du cinéma. Elle a aussi rappelé que les partenaires commerciaux de l’UE doivent respecter la diversité culturelle, telle qu’elle figure dans la convention de l’UNESCO, tout en soulignant que certains grands partenaires, par exemple les Etats-Unis, n’ont toujours pas ratifié cette convention.

Soutenir le cinéma pour insuffler une âme au projet européen au moment même où l’Europe est tentée par les replis nationalistes, tel est justement le projet proposé par Paul Dujardin, Directeur artistique du BOZAR.

Tous les intervenants se sont accordés à dire que le potentiel du cinéma européen n’est pas encore pleinement exploité et que des efforts politiques concertés renforceront le secteur.

Le débat s’est clôturé avec la diffusion de « Viva la Libertà » de Roberto Ando, long métrage coproduit par RAI Cinema, qui a offert à un public international l’occasion de goûter une comédie politique italienne saluée par la critique.

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