ACTUALITÉ publié le 16 mars 2022

3 questions aux contre-ténor Carlo Vistoli

3 questions aux contre-ténor Carlo Vistoli

La Journée de la musique ancienne a lieu chaque année le 21 mars, premier jour officiel du printemps. Elle marque également le jour anniversaire de la naissance de Jean Sébastien Bach. Elle célèbre plus d’un millénaire de musique, au travers de concerts, d’événements dédiés et d’autres manifestations se déroulant simultanément dans toute l’Europe. L’ambassadeur 2022 de la Journée de la musique ancienne, qui fête cette année son 10e anniversaire, est le contre-ténor italien Carlo Vistoli. Nous lui avons posé trois questions.

Q: Pour vous, quel a été l’évènement le plus positivement marquant pour la musique ancienne au cours des 10 dernières années ?

R: Un tournant important pour la musique ancienne, mais aussi pour moi, au cours de cette dernière décennie aura très certainement été la tournée Monteverdi 450 que Sir John Eliot Gardiner a imaginée et dirigée en 2017, pour marquer le 450e anniversaire de la naissance de Claudio Monteverdi. En quelques mois, il a présenté les trois opéras restants du génie de Crémone dans les plus grandes salles de concert du monde, de Londres à Venise, de Paris à New York, au cours d’une tournée monumentale (à laquelle j’ai eu l’honneur de participer) durant laquelle des artistes exceptionnel.le.s ont rendu hommage à ce compositeur. L’importance fondamentale de Monteverdi pour notre civilisation musicale occidentale est aujourd’hui incontestée, grâce au travail de pionnier réalisé au cours des dernières décennies par des chefs d’orchestre comme Gardiner lui-même pour replacer son œuvre en pleine lumière. Je pense que je serai trop âgé, comme chanteur, pour participer au 500e anniversaire en 2067, mais j’espère vraiment pouvoir y assister !

Comment comptez-vous célébrer la Journée de la musique ancienne de cette année, le 21 mars ?

Cette année, le 21 mars, je serai tout simplement chez moi, après une longue série de représentations de l’Orfeo ed Euridice de Gluck au Komische Oper de Berlin, et juste avant de commencer une nouvelle production de Giulio Cesare in Egitto de Haendel (dans le rôle de Tolomeo) au Théâtre des Champs-Elysées, à Paris - avec Philippe Jaroussky qui fait ses débuts comme chef d’orchestre dans cette nouvelle mise en scène de Damiano Michieletto. Ce jour-là, nous organisons un test à l’aveugle sur Instagram qui, je pense, sera assez amusant. Le 15 mars, j’ai participé à un tchat en direct avec Giulio Prandi, le vice-président du REMA, avec lequel (aux côtés du Ghislieri Choir and Orchestra) j’aurai également le plaisir d’interpréter et d’enregistrer d’intéressantes redécouvertes d’œuvres de compositeurs milanais du milieu du XVIIIe siècle. Le projet s’articule autour du séjour de Mozart dans cette ville, et tout particulièrement sur le 250e anniversaire de son motet Exultate, Jubilate, en janvier 2023. Par ailleurs, le 21 mars, je présenterai en direct à l’antenne la retransmission d’un concert de Pergolèse et de Vivaldi que j’ai donné l’année dernière avec l’Akademie für Alte Musik, dans la salle de concert de la Philharmonie d’Essen.

Si, dans votre rôle d’ambassadeur du 10e anniversaire de la Journée de la musique ancienne, vous pouviez voir exaucer l’un de vos vœux, quel serait-il ?

Si je pouvais exprimer un souhait qui défie les lois du temps et de l’espace, je demanderais probablement, parce que je suis contre-ténor, de pouvoir retourner 300 ans en arrière et de retrouver, ne serait-ce qu’un jour, les splendeurs théâtrales du XVIIIe siècle. Lorsque les evirati cantori enflammaient le public européen avec leurs prouesses vocales excentriques, mais si magistralement maîtrisées, et disputaient la première place sur scène aux prime donne. Tous ceux qui chantent dans ce registre cultivent le désir inassouvi de pouvoir écouter de leurs propres oreilles les voix de Senesino ou de Guadagni, de Nicolino ou de Carestini : d’abord pour pouvoir observer dans la réalité la manière dont leurs créateurs jouaient alors les rôles que nous jouons aujourd’hui. Mais plus encore, et peut-être surtout, pour comprendre tous les secrets de ces voix humaines si mystérieuses, dont nous ne possédons qu’un seul témoignage direct - les enregistrements réalisés par Alessandro Moreschi, un castrat de la Chapelle Sixtine, au début du XXe siècle. Ils ne sont pas dénués de charme, et permettent d’imaginer, mais ils ne sont absolument pas représentatifs de la magie qui se dégageait de ces voix il y a deux cent ans.

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