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DÉCLARATIONS

L'UER et ses partenaires internationaux font part de leurs préoccupations concernant les modifications proposées au cadre des médias de service public en Lituanie

19 mars 2026
Salle de presse LRT

L'UER et ses partenaires médias internationaux ont fait part de leurs vives préoccupations concernant les modifications proposées à la loi lituanienne sur les médias de service public, avertissant que le projet actuel risquait de compromettre l'indépendance et la pérennité de la chaîne nationale, LRT. Le processus législatif a manqué de transparence et d'inclusivité, et des propositions clés, telles que le gel et les restrictions du financement, de vagues motifs justifiant la destitution de dirigeants, un contrôle politique élargi et des changements de gouvernance, pourraient exposer la LRT à des pressions politiques et affaiblir sa capacité à remplir sa mission de service public. Nous exhortons les autorités lituaniennes à reconsidérer les propositions, à aligner les réformes sur les normes européennes et à veiller à ce que tout changement protège l'indépendance éditoriale et institutionnelle

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L'Union européenne de radio-télévision (UER) et les organisations de médias internationales soussignées ont fait part de leurs préoccupations concernant les modifications proposées à la loi sur la radio et la télévision nationales lituaniennes (LRT), actuellement examinées par le Seimas.

Les médias de service public sont essentiels aux sociétés démocratiques, car ils garantissent l'accès à une information indépendante, fiable et pluraliste. Toute réforme de leur gouvernance, de leurs attributions ou de leur financement doit donc préserver leur indépendance éditoriale et institutionnelle et être développée par le biais de processus législatifs transparents, inclusifs et démocratiques

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Nous sommes préoccupés par le fait que le processus qui a conduit au projet actuel n'a pas satisfait à ces normes. Le groupe de travail parlementaire chargé de préparer les amendements ne comprenait pas de représentants de l'administration du LRT, mais des représentants des médias commerciaux étaient inclus. Le retrait des représentants des journalistes et des membres de l'opposition du groupe soulève de nouvelles inquiétudes quant à l'inclusivité et à l'équilibre du processus

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La Commission de Venise du Conseil de l'Europe a déjà fait part de ses préoccupations concernant le processus législatif et a souligné que les réformes de la législation sur les médias de service public devraient être fondées sur une large consultation, une analyse approfondie et une évaluation d'impact, et un alignement sur les normes européennes.

Dans ce contexte, plusieurs éléments du projet de loi sont inquiétants :

Les modifications proposées en matière de financement sont particulièrement préoccupantes. Le projet maintient des dispositions qui gèleraient le financement du TLR pendant trois ans, réduiraient ensuite la part des allocations fiscales et introduiraient de nouvelles restrictions à la capacité du radiodiffuseur à générer des recettes supplémentaires. Ces mesures sont proposées sans évaluation d'impact complète ni consultation significative avec le LRT. La Commission de Venise a recommandé des modifications sur la base d'une évaluation visant à déterminer si le modèle de financement permet au LRT de remplir sa mission de service public. Le département juridique du Seimas a également averti que la limitation des sources de revenus pourrait affaiblir la capacité de LRT à remplir sa mission, notant que le Bureau d'audit de l'État n'avait pas recommandé d'éliminer complètement le contenu payant mais plutôt d'augmenter le contenu socialement pertinent fourni gratuitement

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Le projet introduit également de nouveaux motifs de révocation anticipée du Directeur général, notamment la « mauvaise exécution » et la « violation de l'intérêt public ». Ces critères semblent vagues et sujets à interprétation. La Commission de Venise a recommandé que le licenciement soit limité à des circonstances exceptionnelles clairement définies, les décisions étant soumises à une justification appropriée et à un contrôle juridictionnel effectif. Le service juridique du Seimas a également mis en garde contre le fait que de telles dispositions pourraient ne pas être conformes à la Loi européenne sur la liberté des médias, qui exige des motifs de licenciement clairs et définis de manière

précise.

La proposition visant à introduire de nouvelles règles de licenciement par le biais d'une procédure législative d'urgence soulève d'autres préoccupations. Ces procédures sont généralement réservées à des circonstances exceptionnelles et, dans ce cas, risquent de donner l'impression que la législation s'adresse au titulaire actuel de la charge publique

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Le projet comprend également des dispositions qui pourraient permettre une supervision intrusive des activités éditoriales. Il s'agit notamment de donner aux organes de surveillance des pouvoirs relatifs à la programmation et à la participation au contenu de la LRT. De telles mesures risquent de contredire les recommandations du Conseil de l'Europe, qui obligent les organes de supervision à exercer un contrôle stratégique sans intervenir dans les décisions éditoriales. Le département juridique du Seimas a également souligné le manque de clarté juridique de ces dispositions

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En outre, le projet propose une structure de gouvernance considérablement élargie, y compris la création d'un nouveau conseil d'administration, un bureau du conseil et une augmentation du nombre de membres du conseil de la LRT. Ces changements risquent de brouiller la frontière entre supervision et gestion quotidienne et pourraient ouvrir de nouvelles voies d'influence sur les décisions éditoriales et opérationnelles

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Prises ensemble, ces mesures risquent d'accroître la vulnérabilité du radiodiffuseur public aux pressions politiques au lieu de renforcer son indépendance.

Au-delà du projet actuel, nous sommes également préoccupés par les propositions discutées au sein du groupe de travail du Seimas visant à explorer un modèle de financement basé sur un contrat de service public défini de manière étroite. Dans le cadre d'une telle approche, le TLR ne serait financé que pour les services non fournis par les médias commerciaux. Bien qu'il ne soit pas encore inclus dans le projet de loi, ce concept soulève d'importantes préoccupations.

Les

médias de service public et commerciaux jouent des rôles distincts mais complémentaires dans un écosystème médiatique sain. La mission des médias de service public ne peut se limiter à combler les lacunes du marché. Ils sont conçus pour servir la société dans son ensemble en proposant un large éventail de programmes qui informent, éduquent et divertissent, tout en soutenant l'expression culturelle, la cohésion sociale et le débat démocratique

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L'UER et ses organisations partenaires exhortent les autorités lituaniennes à examiner attentivement les implications des modifications proposées et les préoccupations exprimées par le département juridique du Seimas. Les propositions actuelles vont à l'encontre du droit de l'UE et des normes du Conseil de l'Europe et risquent d'affaiblir l'indépendance des médias de service public en Lituanie, notamment leur autonomie éditoriale et institutionnelle ainsi que leur viabilité financière à long terme.

Nous appelons les autorités à suivre les recommandations de la Commission de Venise et à veiller à ce que toute réforme respecte pleinement les normes européennes relatives aux médias de service public indépendants.

Nous restons prêts à collaborer de manière constructive avec les parties prenantes lituaniennes pour soutenir un cadre qui protège l'indépendance du LRT tout en renforçant sa capacité à servir l'intérêt public.

Liens et documents pertinents

Contact


Radka Betcheva

Responsable des relations avec les Membres - Europe centrale et orientale

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