COMMUNIQUÉ DE PRESSE publié le 16 oct. 2018

Désinformation en ligne : le code de bonnes pratiques ne freine pas la prolifération des fausses nouvelles

L’UER demande instamment à la Commission européenne de veiller à ce que les plateformes et les annonceurs en ligne mettent en place des procédures et des mesures efficaces pour lutter contre la prolifération des fausses nouvelles.

Le mois dernier, l’Organe de réflexion du Forum multipartite sur la désinformation, dont l’UER fait partie, a rendu un avis sans appel sur le « code de bonnes pratiques » de la Commission.

De l’avis de cet organe, qui réunit des représentants des médias, de la société civile, de la presse, des associations de consommateurs, des vérificateurs de faits et du monde universitaire, ce code ne s'appuie en effet sur aucune approche commune, ne contient aucun engagement résolu, ne fixe aucun objectif ou indicateur-clé de performance (ICP) mesurable, et n'instaure aucun mécanisme de conformité ou de mise en application (et ne prévoit donc aucune possibilité de suivi du processus d'exécution).

L’essor constant de la désinformation et des fausses nouvelles (fake news) sur Internet menace le processus démocratique et les institutions partout en Europe.

Les plateformes en ligne, les réseaux sociaux et les annonceurs avaient pourtant l’occasion de traiter ces problèmes en élaborant un code de bonnes pratiques autorégulé. Malheureusement, le code en question ne répond à aucune définition réelle de l’autorégulation.

Noel Curran, Directeur général de l’UER, déclare : « C’est une occasion ratée de traiter les vrais problèmes soulevés par la propagation de la désinformation en ligne. Les plateformes en ligne et les réseaux sociaux sont responsables du contenu qu’ils diffusent et doivent agir de manière ferme contre toutes les formes de fausses nouvelles et de désinformation. Nous demandons instamment à la Commission européenne de saisir l’ampleur de la menace et de prendre le problème au sérieux. Ainsi, nous souhaitons que les plateformes fassent preuve d’une plus grande transparence concernant leurs sources et leurs parrainages, et abordent la façon dont leurs algorithmes contrôlent actuellement les contenus distribués au public. »

Ravi Vatrapu, porte-parole de l’Organe de réflexion et membre du Centre for Business Data Analytics à la Copenhagen Business School, précise pour sa part : « D’un point de vue scientifique, le code de bonnes pratiques est loin d’énoncer des engagements concrets concernant l’accès aux données, ce qui aurait pourtant permis de mener une étude indépendante sur la présence, la portée, l’influence et l’impact de la désinformation sur les plateformes. »

L’Organe de réflexion a demandé à la Commission européenne de surveiller étroitement la situation pendant une période de test précédant les prochaines élections européennes et de déterminer si le code de bonnes pratiques atteint les objectifs initialement fixés dans la Communication - Lutter contre la désinformation en ligne : une approche européenne.

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