La sécurité des journalistes de plus en plus mise à mal
02 novembre 2020
L'UER s'inquiète de la hausse des actes d'intimidation et des agressions à l'encontre des journalistes et des équipes de production. En cette Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, nos Membres font état d'une hostilité et même d'une violence croissante à leur égard.
Aux Pays-Bas, NOS a dû retirer son logo des camions utilisés pour la diffusion par satellite, car ses équipes subissaient un nombre croissant de tentatives d'intimidation et de menaces (dégradation des véhicules, câbles sectionnés, p. ex.).
Cette situation n'est certes pas sans précédent (d'autres radiodiffuseurs ont pris eux aussi de telles mesures), mais le nombre d'agressions, ainsi que leur ampleur, se sont considérablement accrus au cours des derniers mois et des dernières années.
En Suède, les coûts assumés par la SVT pour assurer la sécurité de son personnel ont été multipliés par quatre en cinq ans. En moyenne, le radiodiffuseur suédois traite quotidiennement 35 problèmes de sécurité (harcèlement, menaces, violences physiques ou en ligne).
En Irlande, des manifestations ont été organisées devant le siège de la RTÉ pour protester contre la couverture de la crise du coronavirus par le MSP irlandais, empêchant certain.e.s de ses employé.e.s d'entrer dans le bâtiment ou d'en sortir.
Et dans plusieurs pays européens, des journalistes reçoivent des courriers de menace, souvent envoyés à leur adresse privée. À l'instar du radiodiffuseur danois DR, bon nombre de MSP communiquent les adresses électroniques de leurs journalistes dans un souci de transparence, mais certain.e.s s'en servent pour leur adresser des contenus malveillants.
Ainsi donc, des reporters et de haut.e.s responsables de la RTVSLO, le radiodiffuseur public slovène, ont été la cible de calomnies et de harcèlement en ligne de la part de certains membres du public, mais aussi de médias de droite et même de responsables politiques de premier plan.
Ce triste constat cadre avec les terribles chiffres mis en évidence dans un nouveau rapport publié par l'UNESCO pour marquer la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes. Ce rapport souligne en effet que si en 2019, le nombre de journalistes tué.e.s dans les zones de conflit armé a baissé, les attaques meurtrières contre les reporters ont en revanche augmenté dans d'autres régions. Ainsi donc, la proportion de journalistes tué.e.s dans des pays qui ne sont le théâtre d'aucun conflit armé est passée de 50 % en 2016 à 61 % l'an dernier. Selon l'UNESCO, cette hausse alarmante pourrait s'expliquer par une intolérance croissante à l'égard de la pratique journalistique, dans un contexte marqué par les attaques répétées de certains leaders politiques contre la presse ainsi que par l'influence de la corruption et du crime organisé.
Liz Corbin, cheffe des Actualités à l'UER, déclare : « Il est tout à fait inacceptable que des journalistes soient confronté.e.s à un tel niveau de violence dans l’exercice de leur profession. Nos Membres fournissent à leur public des actualités et des informations dignes de confiance et ce rôle a pris encore plus d'importance dans le contexte de la pandémie actuelle. C’est le journalisme même qui est pris pour cible. Nous exhortons par conséquent les autorités nationales à faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger les médias, qui doivent être en mesure de continuer à fournir un service essentiel à la société dans cette période difficile. »
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