ACTUALITÉ publié le 14 sept. 2023

Tremblement de terre au Maroc : les médias de service public aux avant-postes de l’information

Tremblement de terre au Maroc : les médias de service public aux avant-postes de l’information

Le 8 septembre, vers 23 heures, heure locale, un tremblement de terre d’une magnitude de 6,8 sur l’échelle de Richter frappait le centre du Maroc. Le nombre de morts avoisine les 3 000* et ce chiffre pourrait encore augmenter. 

Bien que l’épicentre se situe dans une région peu peuplée du Haut Atlas, l’impact a été ressenti à plus de 70 km de là, notamment à Marrakech où des bâtiments se sont effondrés, avec parfois des effets dévastateurs. Les opérations de sauvetage se poursuivent pour retrouver des survivant.e.s, mais il semble que les équipes de secours soient gênées par des routes bloquées en direction de certaines des zones les plus touchées et les plus reculées, dans les montagnes. 

Abderrahmane Naji est directeur adjoint chargé de la coordination de l’information TV à la SNRT (Société Nationale de Radiodiffusion et de Télévision), Membre marocain de l’UER. Il déclare :

« Cette catastrophe était pour nous une première. Nous avons dû nous transformer en une chaîne d’information en continu, mais sans le personnel, les moyens techniques ou les renforts nécessaires. Nous ne disposons que de trois drones, une équipe de six personnes et cinq véhicule SNG pour la transmission des images et des signaux sonores. Le plus grand défi a été d’atteindre des zones reculées rendues encore plus inaccessibles par le tremblement de terre. L’autre difficulté de taille à laquelle nous avons fait face est la quantité de fausses nouvelles qui nous ont fait dévier de notre route, notamment des informations erronées sur les lieux et les directions à prendre. Mais même si nous avons souffert du manque de sommeil et de nourriture, nous devions le faire. Les gens comptaient sur nous. Nous apprécions beaucoup nos collègues d’Eurovision News, qui nous aident à expliquer ce qu’il se passe ici. Nous vous en serons éternellement reconnaissants. »

Cathy Milner, rédactrice en chef à l’Eurovision News Exchange (EVN), était en poste le week-end lorsque les premières informations sur le tremblement de terre sont tombées :

« J’ai été très impressionnée par les performances de la SNRT au cours du week-end. Nos collègues ont réagi très rapidement et ont tenu bon dans les heures qui ont suivi. Ils nous ont donné tout ce dont nos Membres avaient besoin pour couvrir ce terrible événement. »

Considérés dans leur ensemble, les Membres de l’UER emploient environ 45 000 journalistes. Le diffuseur marocain a fourni une grande quantité d’images : prises de vue des dégâts causés par le tremblement de terre, images de drones, interviews de personnes vivant dans les zones touchées, scènes dans les hôpitaux pour montrer notamment les nombreuses personnes venues donner leur sang, opérations de recherche et de sauvetage des disparu.e.s et mises à jour du ministère de l’intérieur sur le nombre de victimes. 

Cathy Milner ajoute :

« Nous avons également bénéficié de nombreux récits de témoin, vérifiés et mis à disposition par notre service Eurovision Social Newswire. Les membres du personnel de l’UER qui se trouvaient à Marrakech ou qui connaissaient des personnes sur place nous ont communiqué des photos des suites du séisme. »

Eimear Lowe est rédactrice au desk étranger de la RTÉ (Irlande) et présidente du sous-comité éditorial de l’UER. Elle raconte :

« Nous savons à quel point les relations qu’entretiennent les médias de service public, notamment par l’intermédiaire de l’UER, sont utiles et précieuses. Le terrible tremblement de terre au Maroc en est la preuve. Les personnes les plus durement touchées vivent dans des villages isolés, presque inaccessibles, de la région montagneuse de l’Atlas. Elles ont désespérément besoin d’une aide extérieure et le travail inlassable de la SNRT permet au monde d’être témoin de leur situation. Pour les diffuseurs qui ne peuvent pas se rendre dans la région, il s’agit d’une aide inestimable qui nous permet de relayer cette actualité majeure. Mais même pour celles et ceux d’entre nous qui sont présents au Maroc, ce travail vient compléter et élargir nos efforts de collecte d’informations. »

Déployé dans un premier temps à Marrakech, près de la place Jemaa el-Fnaa, le service Eurovision News Events a mis en place une position face caméra par l’intermédiaire de partenaires locaux. Il est rapidement apparu que les villages de la région montagneuse de l’Atlas étaient les plus touchés. Avec le soutien de leur proche partenaire local Paris WebCube, le service a déployé une équipe près de l’épicentre du séisme et installé une position de direct pour les clients et les Membres de l’UER. Ils ont également assuré une couverture en direct et en différé de l’étendue des dégâts et des opérations de sauvetage menées dans les villages d’Azni et d’Ouirgane. 

Cette tragédie nationale a suscité une forte attention et une grande inquiétude dans le monde entier, et la couverture qu’en font les médias de service public est à la hauteur de ces réactions. 

France Télévisions a produit une soirée spéciale de solidarité avec le Maroc — « Solidarité Maroc » — avec des reportages spéciaux tournés dans la région touchée, qui ont notamment mis en lumière les ressources mobilisées par la chaîne pour couvrir l’évènement. 

À l’instar d’autres Membres de l’UER, la Télévision tchèque a diffusé des programmes en continu pour être au plus près de l’événement. Elle a aussi largement relayé l’offre du gouvernement tchèque d’envoyer des équipes de sauvetage sur place.

En Espagne, la RTVE a lancé une campagne d’aide aux victimes par l’intermédiaire des organisations non gouvernementales présentes dans les zones touchées. Baptisée « Soyons solidaires avec le Maroc », cette campagne diffusée à la télévision, à la radio et en ligne, encourage à faire des dons ici.

La RTVE est présente dans les zones sinistrées et rend compte des principaux développements alors que les services de secours cherchent des vies dans les décombres. Parmi les autres médias publics fortement présents sur le terrain, citons la BBC (Royaume-Uni), DK (Danemark), la NHK (Japon) et la RTBF (Belgique), pour n’en citer que quatre. 

Liz Corbin, responsable des News à l’UER, commente :

« L’Eurovision News Exchange a prouvé une fois encore son caractère unique et sa grande utilité : dans l’actualité brûlante, nos Membres bénéficient d’un accès immédiat à l’expertise d’un média national. En l’espèce, les équipes de la SNRT ont réalisé en un temps record une couverture très complète, dans des conditions pourtant extrêmement difficiles. »

Le chaos causé par les catastrophes naturelles peut entraîner une quantité tout aussi désastreuse de fausses nouvelles et de désinformation, ce qui ne fait qu’aggraver les souffrances des personnes touchées. Les services d’information des médias audiovisuels publics diffusent des informations impartiales, en toute indépendance, car ils s’appuient sur des sources crédibles et une vérification rigoureuse des récits des témoin. En cas de crise, il est en effet primordial de disposer d’informations dignes de confiance.

*Correct au moment de la publication